PAROLE D’AGRICULTEUR | Philippe Pancher : Priorité au contact humain

Président de la coopérative des fermiers de Loué, Philippe Pancher est agriculteur à Conlie. Engagé, il ne cesse de chercher des solutions pour proposer une agriculture durable et moderne en adéquation avec les problématiques de changement climatique.

Philippe Pancher et ses poulets de Loué.

Marié et père 3 enfants, à 57 ans Philippe Pancher n’est devenu agriculteur qu’à 35 ans. Auparavant, il exerçait en tant que mécanicien, puis formateur technique dans un centre de formation d’apprentis dans le Maine-et-Loire. Il y donnait des cours en maintenance du matériel agricole et travaux publics. C’est en 1998 qu’il décide de reprendre l’exploitation de ses beaux-parents. Aujourd’hui, son chiffre d’affaires est composé à 50 % de cultures (150 ha) et 50 % de volailles fermières (1 site complet soit 4 bâtiments ou 1600 m2 de surface). Ce n’est pas tout. Philippe Pancher possède le sens des responsabilités et un goût prononcé pour le contact humain. Président du syndicat local des agriculteurs de Conlie, il est également élu de la chambre d’agriculture afin de se tenir au courant de la politique agricole. En 2000, il devient administrateur des fermiers de loué, une coopérative à énergie positive, puis vice-président, trésorier et enfin … Président le 29 mai 2018. Rencontre avec un entrepreneur aux multiples facettes.

Pourquoi êtes-vous devenu agriculteur ?

Devenir Agriculteur était un rêve d’enfant. Mes parents avaient une petite ferme. Lorsque j’avais 11 ou 12 ans, je passais tous mes jeudis chez notre voisin. Il détenait une exploitation qui me fascinait. Quand j’ai amorcé ma reconversion, à 35 ans, j’avais encore beaucoup de choses à apprendre. J’ai repris des cours d’agronomie pendant un an pour me mettre à niveau.

Pourquoi êtes-vous devenu partenaire de Qairos Energies ?

La finalité du projet de Qairos Energies est innovante. Produire de l’hydrogène vert pour alimenter des véhicules, je trouve cela génial. La culture du chanvre, quant-à-elle, n’a rien de nouveau. Il y a soixante ans, mon beau-père avait planté du chanvre dans toute son exploitation pour nettoyer ses parcelles infestées par le chiendent (une adventice très invasive). Il s’est avéré extrêmement efficace dans la rotation en plus de rémunérer décemment l’agriculteur. Alors quand Jean Foyer et Kevin Collet m’ont parlé du projet, je n’ai pas hésité. Nous partageons les mêmes valeurs.

 » Quand Jean Foyer et Kevin Collet m’ont parlé du projet, je n’ai pas hésité. Nous partageons les mêmes valeurs « .

Quelle est la valeur ajoutée du chanvre pour vous ?

Le chanvre est une plante très complète à ajouter dans une rotation. Elle nettoie l’exploitation, améliore le rendement de la culture suivante, ne nécessite pas de produits phytosanitaires et peu d’azote. L’empreinte carbone de l’exploitation est donc réduite. Le chanvre est aussi très peu gourmand en eau, il n’a pas besoin d’être irrigué. C’est un point important. Dans cette même logique, je privilégie le tournesol au maïs en culture de printemps, car ici, les sols ont une réserve utile en eau moyenne. Je participe régulièrement à des réunions avec l’agence de l’eau pour améliorer la qualité et la gestion de l’eau en Sarthe.

Propos recueillis par C. Lorne